Une semaine au trimestre franciscain avec fr Max De Wasseige
Ce n'est pas en une seule semaine qu'on peut apprécier justement le trimestre franciscain qui se déroule chaque année en Suisse à Saint Maurice avec une assemblée internationale très riche humainement.
Max avait invité notre couple (Eliane et Gérard Colson) à suivre son enseignement lors d'une semaine de septembre 2000. Nous ne pouvions assister plus longtemps, malheureusement. Dans son style inimitable, mélange d'humour et de spiritualité vécue, Max entraîne rapidement notre groupe dans des journées riches en enseignements et exercices par petits groupes sur les sources franciscaines.
Citons quelques phrases de son enseignement.
Face au pape, François est animé d'une double fidélité: communier à l'Eglise et suivre l'inspiration du Seigneur. Lorsque François rencontre le pape, c'est un face à face entre un roi et un mendiant, mais son humilité va séduire le roi et ils vont travailler la main dans la main. Entre Claire et le pape, c'est un conflit dans l'affection: obéissance et liberté sont les deux faces du mouvement de Claire.
Face aux prêtres, François les appelle mes seigneurs et ne veut pas voir leur péchés; Au lieu d'accuser le prêtre défaillant, il s'accuse au prêtre et lui rend son sacerdoce.
Face à l'Eglise, François veut vivre l'évangile dans l'Eglise et non en dehors, au contraire de Luther qui finit par sortir de l'Eglise. En fait François était peut-être aussi révolté que Luther le sera plus tard, mais François et Claire sont des contestataires d'eux-mêmes. François se convertit lui-même et toute l' Eglise change. L'Eglise, pour François, restera toujours sa mère et sa croix.
Pour la spiritualité franciscaine, la parole doit être visible avant d'être audible.
Les journées de la semaine alternent la prière commune, l'enseignement de Max, les exercices en groupes pour comprendre les écrits, les comparer, les situer par rapport à l'époque, à sa spiritualité et chronologiquement. C'est ainsi par exemple que nous étudions en exercice le lépreux (Fioretti 25), les brigands (LP 20) en y cherchant ce que ces textes nous apportent mais aussi comment ils se situent dans les écrits, en signification, en style, etc… C'est très vivant et enrichissant.
L'assemblée qui nous accompagne est très vivante et diversifiée, des novices, des frères et sœurs, des laïcs…
Un jour nous arrivent deux jeunes sœurs congolaises qui nous viennent d'un pays en guerre, l'une est la supérieure et l'autre la maîtresse des novices d'un couvent de Clarisses au Congo. Elles semblent moins de 30 ans et portent un énorme sac à dos. Un jour, l'une d'elle nous raconte l'anecdote suivante digne des Fioretti: "Nous avions décidé, après avoir prié à la chapelle, de rester dans notre couvent malgré l'approche des rebelles; or une de nos sœurs était dehors lorsque nous fûmes bombardées, la sœur vit arriver droit sur elle un obus et s'écria 'va en paix mon âme', l'obus est passé au-dessus d'elle et a explosé sans la blesser. A la fin de la semaine, elles offriront à Max une danse africaine en remerciement de son enseignement.
Sur l'heure de midi, certains d'entre nous, dont Max, grimpaient rapidement dans un alpage pour écouter les cloches des vaches.
Bref, même pour une semaine, le trimestre franciscain est un souvenir inoubliable qui vise à nous transformer en profondeur et nous éclaire sur les chemins de François et Claire.
Eliane et Gérard de la fraternité de Bressoux
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