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Et si nous commencions à nous alléger ?
Deux gestes forts posés par Jésus et François évoquent pour moi la dépossession. Il s’agit de quitter ses vêtements.
Au soir du Jeudi Saint, après le repas, Jésus se lève de table et pose ses vêtements puis se ceint d’un linge et lave les pieds de ses disciples. Et après ce geste de tendresse autant que de service, il reprendra ses vêtements. Voilà comment il nous donne librement sa vie et nous invite à aimer comme lui en nous lavant les pieds les uns les autres. (Jn 13, 1-17)
Au moment du procès avec son père, François se dépouille librement de tous ses habits et les dépose aux pieds de celui-ci. Geste un peu fou, excès de dépouillement car il était seulement question d’argent ! Quelle belle liberté intérieure met François en mouvement ! Alors, il peut dire « Notre Père qui es aux cieux… », il entre dans le don de soi à Dieu avec toute la communauté humaine dont il est solidaire. Il prie le « notre »Père, celui des cieux étant celui de tous y compris Pierre Bernardone dont il est le fils renié, déshérité.
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Qu’avons-nous à faire aujourd’hui avec ces histoires de vêtements ? A quels détachements sommes-nous appelés pour mieux aimer ? Il y a les allègements volontaires et les dépossessions imposées : options pour un mode de vie simple plus respectueux de la terre et de ses habitants, épreuves de santé, changements professionnels, renoncements qui découlent d’un nouvel état de vie etc…Ce que nous quittons ou les pertes auxquelles nous consentons rejoint le geste de déposer ses vêtements pour prendre élan pour un nouveau départ.
Dans sa première lettre à Agnès de Prague, Claire l’encourage dans son désir d’entrer au monastère de sa ville. Elle explique comment suivre Jésus pauvre est une expérience de dépouillement joyeux qui offre la vie en abondance.
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« Vous avez appris que le Seigneur promet et donne le Royaume des cieux seulement aux pauvres. En effet, quand on aime une chose temporelle, on perd le fruit de l’amour. Un homme vêtu ne peut lutter contre quelqu’un de nu, parce que celui qui donne prise est plus vite jeté à terre. C’est pourquoi vous avez rejeté les vêtements, c’est-à-dire les richesses temporelles pour éviter absolument de succomber devant celui qui vous attaque. Quel merveilleux échange : laisser les biens temporels pour ceux qui durent toujours, recevoir cent pour un et posséder la vie heureuse qui ne finit pas. » (1 LAg ) De tels conseils lancent le défi du choix de ses richesses : si je me débarrasse de richesses qui n’ont qu’un temps et qui ne donnent pas d’aimer, promesse m’est faite de me sentir accompagnée par le Seigneur et de marcher à l’infini sur les terres de la bonté.
Un auteur contemporain, Christian Bobin dira plus simplement que Claire : « J’ai enlevé beaucoup de choses inutiles de ma vie et Dieu s’est approché pour voir ce qui se passait. »
Et si nous commencions à nous déposséder pour voir qui passera ?
Maggy
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